Réparation et rejointoiement de cheminée au Québec : quels prix en 2026?
Par Cynthia Pigeon
Modifié le 24 septembre 2026

Au Québec, la cheminée en maçonnerie subit les assauts continus d'un climat sans pitié. Entre les pluies automnales, les blizzards hivernaux et les écarts de température extrêmes, les briques et les joints de mortier sont soumis à de nombreux cycles de gel-dégel chaque année. Avec le temps, l'eau s'infiltre dans les porosités du mortier, gèle, prend de l'expansion et fait éclater la structure de briques par l'intérieur.
Si vous remarquez des poussières de mortier sur votre toiture, des briques fendoillées ou des traces d'humidité au plafond près du conduit, il est temps d'agir. Ignorer l'effritement des joints expose votre demeure à des infiltrations d'eau dévastatrices et à des risques d'effondrement partiel.
Entre un simple tirage de joints et une reconstruction lourde de la tête de la cheminée, ce guide technique et budgétaire vous détaille l'ensemble des coûts pour planifier vos travaux de maçonnerie en toute sérénité.
Combien coûte le rejointoiement d'une cheminée en brique au Québec ?

Source : KLM Maçonnerie Inc.
Le coût d'une réfection de maçonnerie en hauteur dépend principalement de la surface à traiter, exprimée en pieds carrés (pi²), de l'état de dégradation des briques existantes et de la complexité d'accès au toit.
Pour une cheminée résidentielle, le coût des travaux varie considérablement selon leur ampleur, les matériaux utilisés, les dimensions de la cheminée et les conditions d'accès. À titre indicatif, un budget de 1 200 $ à 7 500 $ peut servir à planifier certaines interventions, du rejointoiement à la reconstruction partielle du sommet. Une reconstruction complète ou des travaux plus complexes peuvent toutefois dépasser cette fourchette.
Type d'intervention | Budget indicatif ($ CA) |
Rejointoiement des joints de mortier | 1 200 $ à 3 500 $ |
Réparation de la couronne et remplacement de quelques briques | 2 500 $ à 4 500 $ |
Reconstruction partielle de la tête et remplacement de la couronne | 3 000 $ à 7 500 $ |
À noter : Ces fourchettes sont des estimations budgétaires indicatives et non des prix moyens vérifiés pour l'ensemble du Québec en 2026. Le prix réel dépend de l'état de la cheminée, de ses dimensions, de l'accessibilité du toit et des travaux nécessaires. Seule une soumission détaillée permet de connaître le coût de votre projet.
Prix du rejointoiement d'une cheminée : exemple de calcul
Voici un exemple de calcul pour une cheminée de 80 pi², selon différents niveaux de complexité et d'accessibilité. Ces montants sont présentés à titre indicatif et ne constituent pas des tarifs moyens vérifiés pour le Québec.
Surface totale : 4 côtés de 2 pi de large × 10 pi de haut = 80 pi².
Accès facile, usure légère : 80 pi² × 15 $/pi² = 1 200 $.
Complexité moyenne : 80 pi² × 25 $/pi² = 2 000 $.
Pente forte, accès difficile : 80 pi² × 35 $/pi² = 2 800 $.
Ce tarif comprend le meulage contrôlé des vieux joints friables sur une profondeur sécuritaire, le dépoussiérage, la préparation du mortier frais, l’insertion et le compactage du nouveau mortier dans les joints et la finition esthétique des joints. Pour obtenir une évaluation précise du coût d'intervention chez vous, n'hésitez pas à comparer des soumissions pour le rejointoiement de votre cheminée auprès de spécialistes de votre secteur.
Coût d'une réparation partielle vs reconstruction complète de la couronne
La couronne de cheminée est généralement une dalle en béton ou un ouvrage de maçonnerie conçu pour recouvrir et protéger la partie supérieure de la cheminée, autour du conduit. Elle doit favoriser l'écoulement de l'eau vers l'extérieur. Le chapeau, quant à lui, est un élément distinct, généralement métallique, installé au-dessus de l'ouverture du conduit pour limiter notamment les infiltrations de pluie et l'entrée de débris.
Option A : Réparation partielle de la couronne (budget indicatif de 600 $ à 1 500 $)
Ce budget peut servir de point de départ pour planifier la réparation d'une couronne présentant des dommages superficiels. Les travaux peuvent notamment comprendre le colmatage de fissures et l'application d'un revêtement de réparation compatible. Le montant doit toutefois être confirmé par une soumission, car il ne constitue pas un prix moyen vérifié au Québec.
Option B : Reconstruction complète de la couronne (budget indicatif de 1 800 $ à 3 500 $)
Lorsque la couronne présente des dommages importants, son remplacement peut être nécessaire. Les travaux peuvent comprendre la démolition de l'ancienne couronne, le coffrage et le coulage d'une nouvelle couronne en béton, ainsi que la réalisation d'un larmier. Cette fourchette est fournie à titre de référence budgétaire et doit être confirmée auprès d'un entrepreneur.
Lorsque plusieurs rangs de briques situés sous la couronne sont gravement détériorés, une reconstruction partielle de la tête de cheminée peut être nécessaire. À titre indicatif, un budget de 3 000 $ à 7 500 $ peut être envisagé pour planifier cette intervention. Le coût réel dépend de l'étendue des dommages, des matériaux utilisés et des conditions d'accès.
Facteurs qui influencent le tarif d'un maçon ou briqueteur

Source : Aluminium sauvé inc
Deux cheminées de dimensions identiques peuvent générer des écarts de prix significatifs lors de la réception des soumissions. Les entrepreneurs en maçonnerie ajustent leurs tarifs en fonction de la logistique du chantier et de la sévérité des dommages.
Accessibilité du toit, pente et besoin d'échafaudages sécuritaires
Le travail en hauteur comporte des risques majeurs. La configuration de votre toiture dicte directement les équipements de protection individuelle et collective requis par la CNESST :
Maison de plain-pied à faible pente : Une hauteur réduite et une toiture facilement accessible peuvent simplifier les travaux et diminuer les coûts. Toutefois, les équipements et les mesures de protection nécessaires doivent être déterminés selon les conditions du chantier.
Pour une maison à deux étages ou un plex urbain : Les travaux peuvent nécessiter l'installation d'échafaudages, l'utilisation d'une nacelle ou d'autres équipements adaptés aux conditions du chantier. Ces équipements peuvent augmenter le coût des travaux. Leur nécessité et leur coût dépendent notamment de la hauteur, de l'accessibilité, de la pente du toit et des mesures de protection contre les chutes requises.
Toit à forte pente (ex. maisons d'architecture canadienne ou victorienne) : Une forte pente peut compliquer l'accès à la cheminée, nécessiter des dispositifs de sécurité adaptés et prolonger la durée des travaux.
Impact de l'accessibilité sur le temps de chantier :
Toit plat ou à faible pente
Installation rapide et travail continu sans entrave.
Toit fortement incliné ou en hauteur
Temps de montage des échafaudages : Le montage des échafaudages et des dispositifs de sécurité peut prolonger la durée du chantier. Le temps nécessaire varie selon la configuration de la toiture, la hauteur de travail, les équipements utilisés et les contraintes d'accès.
Manutention manuelle des seaux de mortier et des briques.
État d'effritement des briques et remplacement des unités fissurées
Le simple rejointoiement ne suffit plus lorsque les briques ont dépassé leur point de rupture. Lorsqu'une brique subit l'écaillage (la face avant s'en détache sous la pression de la glace), elle n'est plus étanche.
Le remplacement ciblé de briques endommagées implique le retrait des unités détériorées, la préparation de leur emplacement et l'installation de briques compatibles avec le mortier approprié. Le coût dépend du nombre de briques à remplacer, de leur disponibilité, de l'état de la maçonnerie environnante et des conditions d'accès. Il est préférable d'obtenir un prix global auprès d'un entrepreneur plutôt que de se fier uniquement à un tarif par brique.
L'effet domino des briques écaillées :
Apparition de microfissures dans les joints de mortier.
Infiltration d’eau à travers les fissures durant l’automne.
Gel hivernal entraînant une expansion de l’eau d’environ 9 %.
Éclatement de la face des briques sous l’effet des cycles de gel et de dégel.
Détérioration de la maçonnerie et perte de soutien des rangées supérieures.
Sur les bâtiments patrimoniaux ou anciens, dénicher des briques de réemploi compatibles avec le format, la texture et la teinte d'origine peut demander des démarches de recherche particulières, ce qui peut augmenter le coût des matériaux et de la main-d'œuvre.
Pour dresser un bilan précis de l'état de votre maçonnerie, vous pouvez évaluer le coût de vos travaux de maçonnerie avec l'aide d'experts qualifiés.
Les étapes d'un rejointoiement de cheminée durable selon les règles de l'art

Source : Soumission Rénovation
L'application superficielle de mastic sur des joints de mortier détériorés ne constitue pas un rejointoiement durable. Une réparation appropriée exige généralement le retrait du mortier dégradé, la préparation des joints et l'application d'un nouveau mortier compatible avec les matériaux existants. Pour garantir la pérennité de l'ouvrage, le maçon-briqueteur doit appliquer une procédure rigoureuse.
Séquence des travaux de rejointoiement dans les règles de l'art :
Le piquetage et le meulage des joints : À l'aide d'outils appropriés, le maçon retire soigneusement le mortier détérioré jusqu'à atteindre une matière saine. La profondeur de retrait doit être adaptée à la largeur des joints, à l'état de la maçonnerie et aux recommandations techniques applicables. Sur les bâtiments anciens, les outils manuels sont souvent privilégiés afin de limiter les risques d'endommagement des briques.
Le nettoyage de la surface : Les cavités sont soigneusement brossées, dépoussiérées à l'air comprimé et lavées pour éliminer toute particule volatile qui empêcherait l'adhérence.
L'humidification des briques : Avant l'application du nouveau mortier, le maçon humidifie les joints et les surfaces de maçonnerie lorsque les caractéristiques des matériaux et les conditions de chantier le nécessitent. Cette préparation permet de limiter l'absorption trop rapide de l'eau contenue dans le mortier, favorisant ainsi son adhérence et sa prise dans de bonnes conditions.
L'application du mortier frais : Le mortier est appliqué à l'aide d'une poche à mortier ou d'une truelle de rejointoiement, puis fermement compacté dans les joints.
Le profilage du joint : Le joint est façonné (généralement en forme de concavité légère ou de biais) afin d'assurer un écoulement naturel des eaux de ruissellement vers le bas.
Application éventuelle d'un traitement hydrofuge : L'application d'un traitement hydrofuge peut être envisagée dans certaines situations, après évaluation de l'état de la maçonnerie et des sources d'humidité. Le produit choisi doit être compatible avec les briques et le mortier existants et permettre une gestion adéquate de la vapeur d'eau. Un tel traitement n'est pas systématiquement nécessaire, particulièrement sur les bâtiments patrimoniaux. Avant toute application, il faut corriger les défauts d'étanchéité et respecter les délais de cure prescrits pour le mortier et le traitement utilisés.
Choix du mortier adapté au climat québécois et au gel-dégel
L'un des pièges les plus fréquents en maçonnerie résidentielle réside dans le choix de la recette de mortier. L'utilisation d'un mortier trop dur ou incompatible avec les briques existantes peut accélérer la détérioration de la maçonnerie, particulièrement sur les bâtiments anciens. Le choix du mortier doit tenir compte de la résistance, de la porosité et de la composition des briques, ainsi que des caractéristiques du mortier d'origine. Un mortier de type N peut convenir à certaines cheminées modernes, tandis que les ouvrages patrimoniaux peuvent nécessiter un mortier à base de chaux spécialement formulé. Sélection du mortier de rejointoiement selon l'application :
Mortier de type N (maçonnerie résidentielle)
Souple, flexible et moyennement résistant.
Permet d'absorber certains mouvements thermiques tout en limitant les risques de fissuration des briques.
Mortier de type S (usage structural)
Résistance élevée à la compression.
Utilisé notamment pour les murs de fondation et les ouvrages soumis à des charges importantes.
Mortier à la chaux hydraulique (bâtiments patrimoniaux)
Offre une bonne perméabilité à la vapeur d'eau.
Peut convenir à la restauration de maçonneries anciennes, selon la nature et la résistance des briques et du mortier existants.
Un maçon-briqueteur professionnel sélectionnera rigoureusement le dosage approprié pour s'assurer que le joint reste l'élément sacrificiel de la structure : c'est le joint qui doit s'user avec les décennies, protégeant ainsi l'intégrité des briques.
Pour trouver un professionnel maîtrisant ces compétences techniques, vous pouvez obtenir des soumissions de maçons certifiés dans votre région.
Pourquoi choisir un entrepreneur en maçonnerie titulaire d'une licence RBQ ?

Source : Maçonnerie etg
Au Québec, la loi encadre strictement les travaux de structure et d'enveloppe du bâtiment. La rénovation et la réparation d'une cheminée en maçonnerie ne doivent pas être confiées à des réparateurs improvisés ou à des travailleurs sans licence.
Qualifications d'un entrepreneur en maçonnerie certifié :
Licence RBQ – Sous-catégorie 4.1
Vérifier que l’entrepreneur possède la licence appropriée pour les travaux de maçonnerie prévus.
Conformité CNESST
Respecter les exigences de sécurité applicables aux travaux en hauteur, notamment en matière de protection contre les chutes.
Cautionnement et assurances
Vérifier le cautionnement de licence de l’entrepreneur ainsi que sa couverture d’assurance responsabilité civile.
Au Québec, un entrepreneur qui réalise des travaux de construction ou de réparation de cheminées en maçonnerie doit détenir les licences appropriées aux travaux exécutés. La sous-catégorie RBQ 4.1 (Entrepreneur en structures de maçonnerie) couvre notamment la construction des cheminées en maçonnerie. Selon la nature exacte de l'intervention, d'autres sous-catégories ou qualifications peuvent également être pertinentes.
Assurances habitation et prévention des infiltrations d'eau
L'eau qui s'infiltre par une cheminée en maçonnerie dégradée ne reste pas sur le toit. Elle chemine le long du conduit, s'infiltre dans le contreplaqué du pontage de toit, pourrit les fermes de charpente en bois et finit par endommager l'isolation de laine minérale et les plafonds de gypse.
Conséquences d'un défaut d'étanchéité non traité :
Dommages internes potentiels
Apparition de moisissures dans l’entretoit en raison des infiltrations d’eau.
Pourriture de la charpente de toit en bois causée par une exposition prolongée à l’humidité.
Apparition de taches d’eau et détérioration des plafonds en gypse, pouvant aller jusqu’à leur affaissement.
Corrosion et détérioration des solins métalliques assurant l’étanchéité à la base de la cheminée.
Les infiltrations d'eau causées par la détérioration progressive d'une cheminée ne sont pas nécessairement couvertes par l'assurance habitation. L'admissibilité d'une réclamation dépend notamment des protections souscrites, des exclusions prévues au contrat et des circonstances du sinistre. Il est donc important d'effectuer les travaux d'entretien nécessaires et de vérifier auprès de son assureur les protections applicables aux infiltrations d'eau provenant du toit ou de la cheminée.
Réparation de cheminée : prévenir les infiltrations d'eau et protéger votre maison

Source : Absolve construction
En somme, entretenir votre cheminée et intervenir dès les premiers signes de détérioration permettent de prévenir les infiltrations d’eau, d’éviter des réparations coûteuses et de préserver la valeur de votre propriété. Un rejointoiement effectué au bon moment peut faire toute la différence et vous épargner bien des complications.
Que votre cheminée nécessite une réparation mineure ou une réfection plus importante, mieux vaut agir avant l’arrivée de l’hiver. Pour connaître les travaux nécessaires et obtenir une estimation adaptée à votre budget, prenez le temps de comparer les soumissions de professionnels expérimentés.
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